Le 23 juin dernier, tous les étudiants de métropole et de la Réunion passaient leur baccalauréat de mathématiques, avec deux sujets différents comme chaque année. Ayant du temps pour les regarder en détail, j’ai été surpris par la différence de niveau attendue des lycéens… Le bac de la Réunion sauce 2009 est clairement plus corsé que celui de métropole !
D’où me vient ce constat ? Prenons par exemple l’exercice d’Analyse d’étude de fonctions. Dans le sujet métropole, en 3 questions sont demandés la limite en +∞, de comparer le signe de la dérivée à 1-x et d’en déduire le tableau de variations. Dans le sujet de la Réunion, pour »la même fonction », il est demandé de conjecturer ces trois choses d’après le graphique, et de le montrer : il n’y a pas d’indication ! Déjà, rien que cela est étonnant, mais après tout, pourquoi pas ? Ils pourraient bien se rattraper autre part… et c’est là que l’on déchante ! Face à l’exercice facile sur les suites en métropole (où il fallait conjecturer que ) s’oppose un QCM sur les complexes (certes à espérance positive) mais avec une équation complexe du type
qui a dû déstabiliser beaucoup de candidats. Pour les probabilités, la Réunion propose (encore) un exercice sur la loi binomiale alors que le sujet de métropole conserve des probabilités »classiques », beaucoup plus appréciées par les lycéens. Et bien que l’exercice (facile) d’arithmétique de métropole amuse avec ses 3 références à l’année 2009 (jolies – soit dit en passant), on trouve un exercice de géométrie dans l’espace et de surfaces à la Réunion, avec une question ouverte intéressante et plutôt difficile. Reste le dernier exercice, celui pour ceux qui ne sont pas en spécialité mathématiques. Ceux de la Réunion ont dû beaucoup souffrir : leur exercice est carrément difficile, avec une question ouverte à la fin qui nécessitait des idées, et beaucoup de raisonnement et de calculs pour arriver à ses fins ! La différence de niveau est palpable entre les deux baccalauréats : c’est assez bluffant !
Intrigué par cette nette différence, je suis allé survoler les baccalauréats de ces deux lieux jusqu’en 2005, et nettement les sujets de la Réunion tiennent la palme de la difficulté (avec deux sujets longs en 2005 et 2009). QCM une année sur deux à peu près, mais ceux de la Réunion, c’est avec deux réponses justes parmi les 4, avec parfois des points en moins pour les réponses fausses), et ceux de métropole restent tranquilles avec une seule réponse juste (il suffit d’éliminer les autres, avec la palme du vrai/faux en 2006 qui n’enlève pas de points !). Peu d’arithmétique (et en plus il est difficile en 2005) à la Réunion, moins d’étude de fonction et d’équations différentielles, même si l’on voit apparaître une équation fonctionnelle, ce qui reste assez rare dans les sujets de baccalauréat. Et surtout, un amour (pourquoi donc ?!) pour les lois binomiales en probabilités, alors que la métropole reste »classique » ou s’essaye (en 2008) aux probabilités continues…
Puis en vrac, à la Réunion, on trouve des équations de tangentes (ah, ce n’est pas aimé ça !), des probabilités avec un graphique et de l’analyse (sur 6 points en 2006 – pour un jeu de fléchette, à regarder c’est intéressant !), géométrie dans l’espace à foison, probabilités avec loi binomiale, une équation fonctionnelle qui donne une équation différentielle… bref, souvent des exercices pour préparer à la prépa MPSI…
Étonnant non ?