Médailles Fields 2010 : cocorico!

Ca vient tout juste de tomber : il y a deux français parmi les quatre médailles Fields de 2010. Rappelons que les médailles Fields sont une récompense pour des travaux en mathématique. Sa notoriété est équivalente à un prix Nobel (il n’y a pas de prix Nobel en mathématiques…). On les donne tous les quatre ans. Voici les lauréats de cette année :

  • Elon Lindenstrauss (Israël) pour ses travaux sur la rigidité des mesures en théorie ergodique et ses applications en théorie des nombres.
  • Stanislav Smirnov (Russie) pour sa démonstration de l’invariance conforme de la percolation et le modèle d’Ising plan en physique statistique.
  • Ngô Bảo Châu (né au Vietnam, naturalisé français) pour sa démonstration du lemme fondamental en théorie des formes automorphes grâce à l’introduction de nouvelles méthodes de géométrie algébrique.
  • Cédric Villani (France) pour ses démonstrations sur l’amortissement de Landau non-linéaire et la convergence vers l’équilibre de l’équation de Boltzmann.

Notons plusieurs choses intéressantes :

  • la super forme des mathématiques françaises (11 médailles sur 52 en tout ce qui fait la deuxième nation), comme quoi la recherche en France marche pas si mal que ça si on lui en donne les moyens. De plus, l’université Paris-Sud 11 est encore à l’honneur car Ngô Bảo Châu y travaille. On commence à marcher sur les médaillés Fields à Orsay ^^
  • il y a encore des probabilité  (en 2006 la première médaille Fields qui récompensait des travaux en probabilité a été remise au français Wendelin Werner, encore un gars d’Orsay);
  • sur quatre médailles, deux portent sur des branches des mathématiques « dures », mais deux autres ont des travaux en lien avec la physique.

Rendez-vous dans quatre ans pour la prochaine fournée, avec on l’espère d’autres français (et des prix Clay aussi). Pour plus d’infos, c’est par ici.

BOINC et Asimov, ou comment passer une bonne fin de vacances

Tout d’abord, un peu de publicité pour le projet BOINC. Il s’agit d’un projet de calcul distribué. La recherche scientifique moderne a besoin d’une énorme capacité de calcul, que ce soit en climatologie, en mathématiques, en chimie, etc… L’une des solutions est de construire des supercalculateurs, des ordinateurs très puissants. L’autre solution consiste à utiliser les ressources déjà disponibles : nos ordinateurs. En effet, la puissance de nos ordinateurs est rarement utilisée à fond tout le temps. L’université de Berkeley a donc créé un programme spécifique pour exploiter cette ressource : le programme BOINC. En le téléchargeant et en l’installant, votre ordinateur effectuera des bouts de calcul, et couplé avec des milliers d’autres permettra de grandes choses. Pas de panique, le logiciel est conçu pour calculer uniquement lorsque l’ordinateur est inutilisé. Parmi les nombreux projets, on trouve le célèbre SETI@home qui travaille sur la vie intelligente extraterrestre; mais également des projets travaillant sur des sujets variés comme la conjecture ABC, les nombres premiers, les ondes gravitationnelles, les protéines, le SIDA, etc… Bref je vous invite à y jeter un coup d’oeil! Pour plus d’infos : le site officiel et la page wikipédia du projet. Et n’hésitez-pas à faire tourner l’information!

Sinon je vous conseille comme lecture de fin d’été le célèbre cycle de Fondation d’Isaac Asimov, également connu pour ses écrits sur les robots et les lois de la robotique. C’est vraiment LE classique de la science fiction. C’est un peu ce qu’est le Seigneur des Anneaux à la fantasy. Pour résumer rapidement l’histoire — sans spoilers bien sûr — dans l’empire galactique, un mathématicien — Hari Seldon — invente la psychohistoire, une théorie mathématique qui prédit le comportement humain à grande échelle. Il s’agit d’une sorte de thermodynamique de l’humanité, qui étudie le comportement des grandes populations (plusieurs millions d’individus). Et là grâce à sa théorie, Hari Seldon découvre avec horreur que l’empire galactique, garant de la paix dans l’univers, va s’effondrer dans les siècles à venir. Il invente donc un plan, le plan Seldon, afin de réduire fortement la période de chaos qui va suivre l’effondrement de l’empire. Les cinq romans du cycle décrivent l’histoire de la Fondation, un état créé par Seldon afin d’atténuer les effets de la chute de l’empire. Il y a également deux romans qui ont été écrits après coup et qui décrivent la vie de Seldon. Le style est fluide, au niveau scientifique c’est très crédible (Asimov était un scientifique reconnu), les intrigues sont passionnantes. Bref c’est du tout bon!